Le marquage d'une caisse indique aux manutentionnaires comment la lever, la poser et la stocker, et identifie le colis pour le transport. Les pictogrammes de manutention sont normalisés par la norme ISO 780 ; ils s'accompagnent du centre de gravité, des points d'élingage, du poids et des marques d'expédition.
Pourquoi des pictogrammes normalisés
Une caisse change de mains plusieurs fois entre l'usine et le destinataire, dans des pays où les manutentionnaires ne lisent pas forcément la langue de l'expéditeur. Les pictogrammes de la norme ISO 780 se comprennent sans texte et sont connus des professionnels de la manutention. Un message écrit seul, même en anglais, reste moins efficace qu'un symbole reconnu.
Les principaux pictogrammes de la norme ISO 780
La norme définit un ensemble de symboles, dont les plus utilisés sur les caisses industrielles sont les suivants :
- « Haut » : deux flèches qui indiquent le sens dans lequel la caisse doit rester.
- « Fragile » : un verre, pour un contenu qui demande des précautions.
- « Craint l'humidité » : un parapluie, pour un colis à tenir au sec.
- « Centre de gravité » : un symbole qui situe le point d'équilibre de la charge.
- « Élinguer ici » : une chaîne, pour repérer les points de passage des élingues.
- « Ne pas gerber » et « Limite de gerbage » : pour interdire ou limiter la charge posée sur la caisse.
- « Interdiction d'utiliser un chariot à fourche ici » et « Ne pas utiliser de crochets » : pour protéger les faces et les parois sensibles.
- « Tenir à l'abri de la chaleur » : pour les contenus sensibles à la température.
Les symboles s'impriment ou se peignent dans une couleur qui contraste avec le fond, le plus souvent en noir sur le bois clair. Ils se placent de façon visible lorsque les caisses sont alignées en entrepôt, ce qui conduit en général à les répéter sur plusieurs faces.
Centre de gravité et points d'élingage
Le centre de gravité se marque à sa position réelle, déterminée à partir de la charge calée, et non au milieu de la caisse. Il figure sur au moins deux faces adjacentes, pour que le manutentionnaire puisse le situer dans les deux directions. Les points d'élingage se repèrent sur les parois, à l'aplomb des passages prévus sous la semelle ; ils doivent correspondre à la conception décrite pour les caisses destinées aux charges lourdes.
Marques d'expédition et poids
Les marques d'expédition identifient le colis : nom ou code du destinataire, numéro de commande, numéro de colis rapporté au nombre total (par exemple « colis 2 sur 5 »), port ou lieu de destination. Elles doivent correspondre exactement aux documents de transport et à la liste de colisage. Le poids brut, le poids net et les dimensions hors tout complètent ces informations. Pour les caisses lourdes, le poids se lit de loin, en grands caractères.
Les marques s'apposent sur des faces opposées, à un emplacement constant d'une caisse à l'autre au sein d'un même envoi. Une étiquette collée sur le bois brut se décolle vite à l'humidité : la peinture au pochoir ou l'impression directe tiennent mieux, de même qu'une étiquette protégée par une pochette agrafée.
Le marquage NIMP 15, distinct des autres
La marque NIMP 15, qui atteste le traitement phytosanitaire du bois massif, n'est pas un pictogramme de manutention. Elle a sa propre forme, avec le symbole de la Convention internationale pour la protection des végétaux, un code pays, un numéro d'enregistrement et un code de traitement. Elle figure en général sur deux côtés opposés de l'emballage. Sa lecture est expliquée dans le guide du marquage NIMP 15.
Contrôler le marquage d'une caisse
- Les flèches « Haut » sont cohérentes avec la position réelle de la charge.
- Le centre de gravité est marqué à sa position réelle sur deux faces adjacentes.
- Les points d'élingage correspondent aux passages prévus sous la semelle.
- Les marques d'expédition concordent avec la liste de colisage.
- La marque NIMP 15 est présente si la caisse contient du bois massif destiné à un pays qui l'exige.
- La mention d'une housse barrière intérieure figure si le colis en comporte une, comme décrit pour l emballage maritime sous vide.
Trois questions sur les pictogrammes de manutention
- Les pictogrammes de la norme ISO 780 sont-ils obligatoires ?
- La norme décrit des symboles et leur usage ; leur emploi est une bonne pratique largement attendue par les transporteurs et les manutentionnaires. Certaines réglementations, notamment celles des marchandises dangereuses, imposent par ailleurs leurs propres étiquettes, qui ne se confondent pas avec ces pictogrammes.
- Peut-on remplacer un pictogramme par un texte ?
- Un texte peut accompagner le symbole, mais le remplacer fait perdre son principal atout : la compréhension immédiate quelle que soit la langue. Le pictogramme reste la référence, le texte venant en complément.
- Où placer le marquage sur une caisse claire-voie ?
- Sur les planches les plus larges ou sur une plaque rapportée, de façon que le symbole ne soit pas coupé par un intervalle. Les règles de construction de la caisse claire-voie n'y changent rien : le marquage suit les mêmes principes que sur une caisse pleine.















